(28.06.07)
Il n’y a rien de suffisant. Jamais. Aucune raison de dire Voilà, j’y suis arrivé; de considérer que tout ça, eh bien ça peut faire une vie. Aucune raison d’accepter d’être plus petit que soi, ou plutôt de ne pas être plus grand. Aucun état qui mérite la mesure.
C’est ce que je croyais, il y a encore quelque temps. Ça me permettait d’avancer, vous voyez, c’était un moteur vers l’inachèvement, une incessante poursuite de l’illimitation, une tournure de l’esprit qui faisait surgir des tensions du moindre glissement et qui me contraignait à aborder la vie d’une manière arrogante, pleine de désarroi, totalement désincarnée.
Et puis j’en ai eu marre, je crois, je ne sais pas, il est arrivé quelque chose, j’ai choisi de diriger ma révolte ailleurs, de concentrer tout ça vers un point qui ne serait plus exclusivement à l’intérieur de moi, je ne pourrais pas dire précisément où, mais il s’est réellement passé quelque chose.
Vient un moment, peut-être, où il faut accepter certaines choses pour savoir aller plus loin; faire le deuil d’une part de soi et la rejeter derrière comme une peau morte pour continuer la route, le menton relevé, une petite lumière au fond de l’oeil qui nous rappelle que les hontes et les erreurs du passé seront toujours là, à veiller sur nous, avec leur forme toute particulière de bienveillance inquiétante.
Mercredi, S. m’a confié que c’était nouveau, ça, cette façon que j’avais de lui expliquer mes motivations, de faire des projets. Un peu plus tôt, aujourd’hui, j’ai reparlé à A., sans cette angoisse qui m’aurait opprimé la poitrine si la scène avait eu lieu quatre ou cinq semaines auparavant. Puis ce soir je mange avec N., N. qui me sourit encore et qui n’a pas trop peur de moi, malgré tout.
On se croirait dans un téléroman.
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Livre
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Des lectures
À rebours, Joris-Karl Huysmans, Flammarion (juillet 08)
Moderato cantabile, Marguerite Duras, Minuit (juillet 08)
L'attente l'oubli, Maurice Blanchot, Gallimard (juin 08)
La descente du singe, David Leblanc, Le Quartanier (juin 08)
The Road, Cormac McCarthy, Knopft, 256 pages (mai 08)
L'agrume, Valérie Mrejen, Allia (mai 08)
Journal du voleur, Jean Genet, Gallimard, 306 pages (mai 08)
Le chameau sauvage, Philippe Jaenada, Julliard, 335 pages (mai 08)
Messieurs les enfants, Daniel Pennac, Gallimard, 239 pages (avril 08)
La vache violette, Seth Godin, Transcontinental, 174 pages (avril 08)
Bleu: histoire d'une couleur, Michel Pastoureau, Seuil (avril 08)
Le magasin des suicides, Jean Teulé, Julliard, 157 pages (avril 08)
Sans l'orang-outan, Éric Chevillard, Éditions de Minuit, 187 pages (mars 08)
Malaise dans la civilisation, Sigmund Freud, P.U.F., 62 pages (mars 08)
Épistémologie, Gaston Bachelard, P.U.F., 216 pages (mars 08)
Introduction à la pensée complexe, Edgar Morin, Seuil, 158 pages (mars 08)
La détresse et l'enchantement, Gabrielle Roy, Boréal, 505 pages (mars 08)
Jimmy Corrigan, Chris Ware, Delcourt (mars 08)
Ripley Bogle, Robert McLiam Wilson, 10/18, 463 pages (mars 08)
Le destin miraculeux d'Edgar Mint, Brady Udall, Albin Michel, 545 pages (fév. 08)
La crise de la culture, Hannah Arendt, Gallimard, 380 pages (fév. 08)
Mesurer le monde, Ken Alder, Flammarion, 384 pages (fév. 08)
La chambre d'amis, Marcel Möring, Les Allusifs, 104 pages (fév. 08)
L'Iguane, Denis Thériault, XYZ, 178 pages (fév. 08)
Monsieur Teste, Paul Valéry, Gallimard, 140 pages (fév. 08)
Les ombres errantes, Pascal Quignard, Grasset, 190 pages (jan. 08)
Cochon d'Allemand, Knud Romer, Les Allusifs, 183 pages (jan. 08)
Le temps aboli, Thierry Hentsch, Bréal/PUM, 416 pages (jan. 08)
La notaire, Patrick Nicol, Leméac, 133 pages (jan. 08)
Nexus, Henry Miller, Livre de Poche, 511 pages (jan. 08)
Le retour à la terre, tome 4 : Le déluge, Manu Larcenet et Jean-Yves Ferri, Dargaud (jan. 08)
Tel quel (I), Paul Valéry, Gallimard, 222 pages (jan. 08)
La vie sexuelle de Catherine M., Catherine Millet, Seuil (déc. 07)
Les poèmes du piéton, Jaime Sabines, Écrits des Forges, 288 pages (déc. 07)
Eureka Street, Robert McLiam Wilson, 10/18, 544 pages (déc. 07)
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